Textes

Description d’un paysage détramé, Marjorie Micucci, 2014

« Obscur se fait nécessairement celui qui ressent très profondément les choses et qui se sent en union intime avec ces choses mêmes. Car la clarté cesse à quelques coudées de la surface. » Paul Valéry, Mauvaises Pensées et autres, Éditions Gallimard, Paris, 1942. Il faudrait savoir prendre congé d’un paysage. Être, après en avoir fait l’apprentissage méditatif et l’expérience visuelle, auditive, tactile, immersive, en son retrait ; être, après en avoir senti les durées enchâssées, celles de chaque élément le (...)

Les vibrations minuscules d’instants paysages..., Marjorie Micucci, 2013

« Il n’y a dans l’île qu’une seule maison, mais grande, agréable et commode, qui appartient à l’hôpital de Berne ainsi que l’île, et où loge un receveur avec sa famille et ses domestiques […]. L’île dans sa petitesse est tellement variée dans ses terrains et ses aspects qu’elle offre toutes sortes de sites et souffre toutes sortes de cultures. On y trouve des champs, des vignes, des bois, des vergers, de gras pâturages ombragés de bosquets et bordés d’arbrisseaux de toute espèce dont le bord des eaux (...)

Le monde englouti, Julie Portier, 2013

Dominique Ghesquière a passé l’automne en résidence sur l’île de Vassivière, dans le Limousin. Une expérience de solitude, une immersion dans la nature embrasée avant son long sommeil hivernal dont les brises froides apportent la nouvelle. Un temps mort, un temps de recherche enfin, qui a abouti au fond du lac, sur cette terre révélée tous les vingt ans pendant la vidange du barrage électrique et qui renferme le souvenir d’un monde englouti. La deuxième exposition au Centre international d’art et du (...)

Ghesquière à Vassivière : du lieu à l’oeuvre, Michel Collot, 2013

Ghesquière à Vassivière : du lieu à l’œuvre Le visiteur qui découvre le site de Vassivière est d’abord frappé par la puissance et la beauté de la nature qui s’y déploie en un double océan végétal et liquide. En son centre, l’île qui émerge des flots apparaît en été comme un bijou serti par deux anneaux d’émeraude et de saphir. Ce ravissant spectacle correspond à l’un des archétypes les plus anciens de notre imaginaire. Mais cette rêverie naturaliste est vite dissipée par une évidence : ce lac est artificiel, pur (...)

Françoise-Aline Blain, 2013

Terre de profondeur, Centre international d’art et du paysage, île de Vassivière. A l’issue d’une résidence, Dominique Ghesquière présente une série de sculptures en lien avec l’histoire du lac et de l’île. Emouvant de poésie.

Marie-Louise Botella, 2012

Arbres morts, grillages, écorces sombres, bois, feuilles, dans une lumière du jour blafarde, l’odeur de la forêt fanée, le son d’un oiseau, le long couloir et la cellule entrent en jeu dans un dispositif qui saisit par son aspect brut. Dominique Ghesquière, artiste réalise et développe dans l’espace un écrin pour notre imaginaire.

Emmanuel Posnic, 2012

Si le travail de Dominique Ghesquière n’emprunte rien à la séduction du trompe-l’oeil, il puise tout de même dans la rhétorique du faux-semblant. Les oeuvres qu’elle réalise prennent différents aspects : ce sont des objets de vie, que l’on utilise au quotidien ou qui composent le paysage commun. Grillage, escabeau, journal papier, mur de briques, tapis de salon. Tous ici supplantés par leurs artefacts. Des artefacts à ne pas considérer comme identiques donc. Disons plutôt similaires. Comme une espèce de (...)

Corinne Rondeau, 2011

L’entretien entre Dominique Ghesquière et Frédéric Oyharçabal résonne avec une étonnante justesse dans les oeuvres reproduites pour cette monographie éditée par le FRAC Bourgogne. Comme en retrait et bien que faite de détours, la parole répond exactement à la perception insolite du travail. Précise et flottante, l’artiste dévoile une pensée qui ne cherche pas à prouver la justesse de ses actes plastiques, mais à se tenir aux aguets de la vie comme on se tient à l’écoute de son interlocuteur ou au fil de (...)

Conversation avec Dominique Ghesquière, Frédéric Oyharçabal , 2011

Frédéric Oyharçabal : Lorsque j’ai commencé à aborder ton travail, il m’est apparu dans un premier temps comme un peu atemporel, un peu en dehors des tendances artistiques à la mode. Cela tient, je pense, au fait que tes œuvres génèrent un espace autonome, qu’elles semblent presque faire fi de l’espace d’exposition, du bruit autour. Le temps passant, car il m’a fallu du temps, je suis de plus en plus persuadé que tes œuvres sont au contraire très en phase avec ce qui se passe aujourd’hui. Je parlerais (...)

Faire diversion, Marie de Brugerolle, 2011

« L’histoire n’a pas pour essence la réalisation d’un destin, mais l’irruption de l’événement, les jeux imprévisibles du hasard et de la rupture. » Les œuvres de Dominique Ghesquière ont affaire avec l’histoire, les histoires, petites et grandes. On pourrait même dire qu’elles en tricotent au point de faire basculer notre sens de la mémoire, faillir nos repères spatio-temporels. La mémoire et l’histoire sont deux choses distinctes, la mémoire étant un phénomène d’apparition perpétuelle dans un éternel (...)

Un moment d’aveuglement, Philippe Pirotte, 2011

Un miroir désargenté, qui ne réfléchit plus l’image de notre corps, quelle que soit notre insistance pour en occuper le cadre ; des gouttes de pluie éternellement figées sur la vitre d’une fenêtre ; un canapé évidé de sa structure, à demi affalé sur le sol ; et dans une vidéo, comme si cela allait de soi, un fauteuil qui vole à travers la pièce. Être confronté aux œuvres de Dominique Ghesquière c’est devoir rassembler les signes métonymiques dispersés d’une maison hantée. Nous ne pouvons pas accepter que des (...)

Frédéric Oyharçabal, 2011

Un parcours de l’œuvre illusionniste de Dominique Ghesquière à travers les principales expositions qui lui ont été consacrées depuis une dizaine d’années (Synagogue de Delme, Rijksakademie van beeldende kunsten, BF15, Frac Bourgogne, Chez Valentin, La Station), avec deux essais et un entretien.

David Pigeret, 2010

« Peut-être ne nous est-il pas permis de comprendre entièrement cette opération qui rend présentes l’une à l’autre l’ombre de la mort et la lumière de l’esprit, le réel et l’irréel. » Dominique Ghesquière fait subir aux objets ce que le poète fait au langage de la foule. Contrairement à la parole poétique elle garde trace d’une tension entre l’objet et son double artistique. Tout simplement parce qu’elle travaille directement avec la matière du monde et non avec des signes. Elle crée des objets incertains, (...)

Atelier Lindre-Basse, Marie Cozette, 2010

Il se dégage des objets réalisés par Dominique Ghesquière une forme de mélancolie douce, un souffle de tristesse, comme si quelque chose n’en finissait pas de partir. On évoque souvent à son sujet les gestes du retrait, du déplacement, de l’inversion, ou encore une inquiétante étrangeté… Les dernières œuvres produites en amont de sa résidence à Lindre-Basse et présentées actuellement dans le cadre d’une exposition personnelle à La Station à Nice marquent un pas de plus en ce sens. bouquet de tulipes pourrait (...)

Notice Frac Bourgogne, Hélène Meisel, 2009

Le miroir à l’ère industrielle, c’est plus une surface qu’un objet : une étendue réfléchissante, aux bords rectilignes et coupants, directement plaquée au mur. Un reflet qui intervient à pic dans la réalité, sans la transition du cadre. Potentiellement extensible à l’infini – all-over –, une abstraction dont le support concret nous échappe. Et, pour que l’objet-miroir réapparaisse, il nous faut que sa surface miroitante se dégrade : c’est lorsqu’elle est embuée, brisée ou piquée de petites tâches noires, que (...)

Penser rêver, Hélène Meisel, 2009

Dominique Ghesquière vit et travaille à Paris. À l’issue de ses études à l’École des Beaux-Arts de Lyon, elle a passé deux années en résidence à la Rijksakademie d’Amsterdam (2002-2003). Le Frac Bourgogne a acquis dans sa collection six de ses oeuvres et prépare pour 2010 la publication d’un catalogue monographique. Le trompe-l’oeil tient dans la pratique sculpturale de Dominique Ghesquière un rôle temporisateur beaucoup plus subtil que le spectacle de la peinture illusionniste, immédiat et époustouflant, à (...)

Mimetic, Jean-Marc Huitorel, 2007

La plupart des œuvres de cette artiste offrent un large degré d’ouverture sur le monde, sur la narration et sur l’imaginaire, mais aussi sur une certaine mélancolie (celle d’usages défunts entre autre) : journaux épars sur le sol, fauteuils de salon réduits à des tissus ruinés et sans structure, lustre mourant. Ses pièces, toutefois, ne se contentent pas d’inviter à la rencontre émotionnelle, elles questionnent également et l’histoire de l’art et la constitution même des œuvres. C’est tout particulièrement (...)

Le un et Les trois Petits Cochons, Gérard Wajcman, 2007

Il y a une oeuvre de Dominique Ghesquière, dont je n’ai vu qu’une image, qui pourrait après tout assez bien « illustrer » cette idée d’un ensemble qui ne fait pas un, d’une pluralité en semblant de tout. Soit un tapis. Un grand tapis de haute laine de 2 mètres sur 2,60 mètres couleur peau, beige rosé, posé sur le sol, comme il se doit. En dehors même des conceptions du tapis comme espace sacré (tapis de prière orientaux, mais aussi, en Occident, tapis « holbeiniens » qui figurent dans les tableaux de la (...)

Marie de Brugerolle, 2005

Dominique Ghesquière s’attaque aux choses : des objets usuels, domestiques, quotidiens. Elle en expurge l’usage premier, fonctionnel, non pas pour leur conserver une unicité artistique mais pour leur attribuer uniquement un usage imagé. Pas imaginaire, imagé, c’est-à-dire construit d’après une image type. Les objets qu’elle fabrique ne sont pas simplement détournés, recyclés ou appropriés, selon les pratiques connues au XXe siècle. Ils sont travaillés de l’intérieur, décortiqués, « autopsiés » en quelque (...)

Hôtel Bouchu d’Esterno, Claire Legrand, 2005

L’artiste Dominique Ghesquière a été invitée par le Frac Bourgogne à investir l’Hôtel Bouchu d’Esterno, ancien hôtel particulier du XVIIème siècle situé dans le centre ville de Dijon, et aujourd’hui propriété de la municipalité. Ses œuvres proviennent d’objets du quotidien, discrètement modifiés ou détournés. Ce léger écart, associé à la manière dont les œuvres investissent le lieu, constitue le mode d’être des œuvres, présences fragiles dont la portée conceptuelle et émotionnelle est forte. Elles habitent de manière (...)

Hiver 3, Claire Staebler, 2004

L’art est imitation de la nature Aristote A travers les objets qu’elle choisit ou qu’elle invente, Dominique Ghesquière aime raconter des histoires ou plutôt donner les indices qui vont servir à retrouver le fil narratif de ces histoires. Elle utilise ses propres expériences, ses rêves ou son imagination pour extraire de situations vécues certains éléments qu’elle recrée dans une nouvelle enveloppe. Après un long séjour passé à la Rijksakademie, l’artiste de retour à Paris transporte dans ses valises le (...)

Une subtile subversion, Marie de Brugerolle, 2002

Un « tapis » dont les fibres se maintiennent à la verticale « par solidarité », ayant perdu leur trame commune, un « canapé » évidé de sa structure tel une peau de bête affalée au sol, un « interrupteur » à l’éclairage auto-reflexif, un « rideau » immobile, figé dans son mouvement… ce n’est pas un inventaire à la Prévert, mais la tentative vaine de nomination des objets que fabrique Dominique Ghesquière. En effet, qu’est-ce qu’une chose lorsqu’on lui retire sa fonction ? En quoi les « choses » dont nous parle (...)